Qu’on ne se méprenne pas l’affaire est grave. Très grave ! Et elle n’a rien d’une polémique. C’est tout simplement un scandale. Rappelons les faits tant ils sont effarants. Au début du mois de février la CNIL a mis en demeure l’office HLM Paris-Habitat pour non-respect de la vie privée de ses locataires. Des locataires qui ont été fichés dans les moindres détails puisque nous apprenons que ces fiches contenaient des données médicales, des données également sur la nationalité des personnes, des données sur des problèmes familiaux, etc. Plus encore, il semble que ces données aient été communiquées à certains concierges et à d’autres personnes travaillant au sein de Paris-Habitat. Tels sont les faits, ou du moins une partie que l’on peut lire dans la presse.
Tels sont les faits et ils sont extrêmement inquiétants sur la manière dont est gérée la ville de Paris, sur la manière dont les élus du parti socialiste, d’un parti qui se dit capable de gouverner la France, d’un parti qui est l’un des premiers à faire de l’indignation morale un argument politique, en viennent à exercer leur mandat. Après les systèmes mafieux mis à jour dans le nord et le sud de la France, on découvre avec inquiétude une autre facette de la gestion socialiste du pouvoir, par le fichage ! Décidément le bilan de la gauche n’a rien de glorieux.
Sur le fond, je m’associe à mes collègues de l’UMP, élus au Conseil de Paris qui ont demandé la démission du président de Paris-Habitat, Jean-Yves le Mano. C’est la moindre des choses et l’on ne peut que s’étonner du fait qu’il n’ait pas encore présenté sa démission. Il est au moins coupable par sa fonction, coupable d’avoir laissé faire, et s’il ne le savait pas, coupable d’avoir été aussi laxiste et aussi incompétent, coupable d’avoir permis que de telles pratiques se développent dans cet organisme. M. Le Mano vous avez désormais le devoir de démissionner !
Mais plus encore, il est essentiel que l’ensemble des parisiens, au premier rang desquels les locataires de Paris-Habitat, soient tenus informés, très précisément, des dégâts causés par ce système de fichage. Une opération de transparence et de vérité doit être menée, grâce notamment à l’audit externe mandaté par Paris Habitat, qui devra permettre à chacun de savoir quelle a été la nature exacte des informations collectées et révélées, qui cela concernait (et les personnes incriminées devront être prévenues à titre individuel), quelle est la nature du préjudice subi par ces locataires, qui avait accès à ces informations, qui était au courant de ce système, enfin combien ces préjudices, combien l’audit externe également, couteront aux Parisiens. C’est tout cela que nous devons exiger aujourd’hui.
Enfin, s’il est très probable que le maire de Paris, M. Delanoë n’était certainement pas au courant de ce système de fichage, et si on ne peut certainement pas le tenir pour coupable de ces exactions, reste qu’il en est responsable, pour reprendre une distinction qui avait été avancée il y a plusieurs décennies par un autre responsable socialiste. Bertrand Delanoë est responsable, et c’est à lui maintenant de s’interroger sur cette notion de responsabilité, et de se demander quelles peuvent être les conséquences de la responsabilité politique aujourd’hui. Peut-il encore moralement se prétendre le premier magistrat de la capitale, en ayant permis que soit livrée en pâture publique la vie privée de certains de ses concitoyens ? La question est ouverte. Elle appelle une réponse !
Chenva Tieu
Résumé des faits sur:
